Journée du jeudi 21 septembre

La journée a commencé par un état des lieux de Tristan Nitot, personnalité incontournable de la standardisation en France. Une présentation à deux facettes, façon Dr. Jekyll et Myster Hyde, pour montrer la caractère formidable du Web, dont il compare l'impact à l'invention de l'imprimerie, ainsi que l'importance du respect des bonnes pratiques.

Laurent Denis, consultant Temesis, a ensuite abordé la notion d'accessibilité, et ce à travers diverses illustrations. Il a effectué une démonstration de l'utilisation de Jaws sur Wikipédia et ainsi mis en exergue les difficultés à laquelle une personne utilisant une synthèse vocale peut se heurter. Un autre exemple était celui de la traduction automatique Google et l'importance de l'attribut alt pour traduire les titres en images. Quant à l'amalgame souvent fait à tort entre accessibilité et handicap, j'ajoute ici une citation de Laurent très pertinente :

L'accessibilité n'est pas une somme de réponses à des handicaps, mais une dimension du plein potentiel du Web.

Pour achever cette première matinée, Jean-Louis Carvès a exposé les gains concrets de la mise en place d'une démarche standards/accessibilité sur l'Intranet d'IBM. Il a présenté les outils utilisés en interne, notamment une version améliorée de aDesigner et le IWSC.

Après le déjeuner, Laurent Gloaguen, de Cosmic Communication, a expliqué qu'il a intégré les standards dans un contexte de production par passion du Web, dans une démarche qualité, par goût du travail bien fait. Il ressent l'année 2006 comme un tournant où les standards deviennent la norme de la profession. Ses clients ont très souvent des sites conformes sans le savoir, car très rares sont ceux qui connaissent les standards. D'où sa démarche pour les intégrer :

Ce ne sont pas les standards qui font vendre, ce sont les bénéfices induits.

Vient ensuite une des conférences que j'ai le plus appréciées de ces deux jours. Il s'agit de celle d'Élie Sloïm, directeur de Temesis et initiateur du projet Opquast. Il a mis l'accent sur le modèle VPTCS, cinq objectifs qualité pour construire un Web durable, et présenté la nouvelle version de Mon-Opquast qui paraîtra dans quelques jours. Cet outil d'aide à l'évaluation, qui compte aujourd'hui 6300 utilisateurs, sera encore plus pratique et plus complet.

Pacale Lambert-Charreteur a rappelé les intérêts des feuilles de style CSS et présenté les possibilités offertes par cette technologie. Pour illustrer son propos, elle a montré le gain en poids des pages en prenant l'exemple du site de l'éducation nationale dont elle a refait la mise en page via le positionnement CSS. Enfin, elle a abordé très rapidement les nouveautés intéressantes de CSS3, telles que les medias queries, le muticolonnage, les nouveaux sélecteurs, les coins arrondis, etc.

Enfin, une table ronde à laquelle participaient également Stéphanie Troeth du WaSP et Samuel Latchman, a permis de soulever quelques problématiques et de démarrer des discussions très intéressantes. Un apéritif communautaire a permis de se retrouver au terme de cette riche journée. Un tirage au sort a également été effectué avec à la clé des ouvrages Eyrolles.

Journée du vendredi 22 septembre

Cette journée, orientée plus technique, a démarré avec l'intervention de Denis Chêne, de France Télécom R&D. Il a donné sa vision de l'ergonomie, et la distingue de l'accessibilité de la façon suivante :

L'accessibilité est l'ergonomie étendue à tous types d'utilisateurs.

Rémy Birambeau, qui a lancé il y quelques jours Jaccede.com, réseau des personnes à mobilité réduite, a ensuite présenté ses méthodes de travail, et exposé notamment la démarche GTD.

Daniel Glazman a quant à lui effectué une rétrospective complète des standards. Membre du W3C, il a expliqué que ce consortium industriel n'était pas sans défaut : des usagers pas assez bien représentés, des temps d'émergence des recommandations trop longs. Il a même été jusqu'à qualifier XHTML2 de canard mort, en raison de l'absence de compatibilité ascendante et de la désaffection qu'il suscite de la part des implémenteurs. Selon lui, le futur du Web passera peut-être par HTML5.

Après la pause déjeuner, François Nonnenmacher a raconté l'histoire de huit années de redesign du site de Capgemini et sa migration vers les standards. Cette dernière a été effectuée en collaboration avec des pointures telles que Douglas Bowman et Jeffrey Zeldman. Aujourd'hui, les feedbacks sont toujours bons, et le site valide toujours grâce à la présence d'un CMS dont l'évolution est très bien contrôlée. En effet, dans le cas général, la présence d'un tel outil peut parfois nuire à la conformité des documents en fonction de l'utilisation qui en est faite.

Denis Boudreau, président fondateur de W3Québec et venu spécialement de Montréal, a mis en avant la possibilité de concevoir des sites Web perennes en s'appuyant sur les standards, par opposition aux sites jetables. Les standards permettent d'envisager le Web autrement et d'avoir une vision à long terme :

Les standards permettent de briser le cycle d'obsolescence au profit d'une vision centrée sur la récupération des actifs.

Dernier orateur de ce cycle de conférences, Karl Dubost, Conformance Manager au W3C, a proposé une excellente intervention, la plus originale sur la forme, afin d'éclaircir la notion de Web sémantique et d'aborder les microformats et RDFa permettant d'enrichir les documents Web.

Comme la veille, une table ronde à laquelle ont participé entre autres Raphaël Goetter et Laurent Jouanneau a permis de répondre à quelques interrogations, notamment concernant les feuilles de style CSS et les WCAG.

En conclusion

Paris Web 2006 était un véritable succès et l'événement répondait à un réel besoin en France. C'était aussi l'occasion de croiser bon nombre de personnalités qui oeuvrent quotidiennement pour permettre au Web d'atteindre tout son potentiel.

Je suis ravi d'avoir pu échanger quelques mots avec Élie, Karl, Monique, Thomas, Aurélien, Maurice et d'avoir croisé tant de personnes dont j'admire le travail et la perspicacité. Je suis d'ores-et-déjà partant pour une édition 2007.

Les slides des présentations, le son ainsi que quelques vidéos seront prochainement disponibles sur le site de Paris Web. Ne manquez pas également de consulter le groupe Flickr ParisWeb2006.